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Localiser les lieux-dits pour votre généalogie

Localiser les lieux-dits pour votre généalogie
Écrit par LaurentMonpouet

Localiser les lieux-dits, à travers les actes et les cartes, est indispensable pour votre généalogie. Vous obtiendrez une image bien plus réaliste et complexe de votre histoire familiale et vous découvrirez de nouvelles pistes de recherche.
Voici comment procéder.



Préambule

Pour nous, généalogistes, la localisation de nos ancêtres passe par les départements puis par les communes ou paroisses en fonction de l’époque.
C’est la simple conséquence de la structure des archives que nous utilisons.

Pourtant, zoomer sur la carte doit être un réflexe pour nous qui utilisons les détails pour conduire nos recherches. Le niveau géographique Lieux-dit est un niveau de détail que nous ne pouvons pas négliger.

Qu’est-ce qu’un lieux-dit pour notre généalogie ?

Passons la définition administrative actuelle.

Pour les généalogistes, il s’agit d’une précision supplémentaire à l’usuelle paroisse ou commune. Dans les logiciels de généalogie, il existe des champs “Lieux-dits” ou “Subdivisions” pour saisir ces informations.

Des exemples pour une ville :

  • un quartier
  • une avenue, un boulevard, une rue avec parfois même le numéro de l’habitation

Des exemples pour la campagne :

  • un hameau
  • une ferme
  • un moulin
  • une métairie

Pour faire court, il s’agit de noter toute indication de lieu qui donne un meilleur niveau de détail.

Pourquoi étudier les lieux-dits en généalogie

Comme indiqué en introduction, tenir compte des lieux, paroisses ou communes, est indispensable en généalogie.

Et noter, identifier et étudier les lieux-dits est d’une utilité certaine.

J’y vois au moins trois raisons.

Pour localiser précisément vos ancêtres

Localiser un ancêtre est une priorité. Cela permet non seulement de pouvoir rechercher des traces de cette personne dans les bons registres mais aussi de décrire sa vie en suivant ses déplacements.

Alors, descendre au niveau lieu-dit nous apporte un degrés de précision supplémentaire dans cette localisation.

Imaginez un ascendant né, marié et décédé dans une seule et unique paroisse… une histoire assez plate, non ?

Mais si l’on prend la peine de simplement noter les lieux-dits de naissance de tous ses enfants et de parcourir, si l’époque correspond, les recensementsvous pourrez noter beaucoup plus de détails sur la vie de cet ancêtre.

Voici, par exemple, les lieux-dits où mon ancêtre Silvain Maupouet à vécu à l’extrémité est de l’Indre-et-Loire.

Et, bien entendu, vous pourrez ensuite vous rendre sur place, marcher véritablement sur les traces de vos ancêtres, prendre des photos pour compléter votre documentation sur leur vie.

Pour solutionner des cas d’homonymie

Nous avons tous des cas d’homonymie dans nos généalogies : Ces personnes qui portent le même nom de famille et les mêmes prénoms.

Pour peu qu’ils se situent dans la même zone géographique, pendant la même période et qu’ils exercent des métiers approchants… comment être certain de l’ancêtre en question quand vous lisez son nom sur un acte ?

J’ai, pour ma part, 3 ancêtres à la suite qui se nomment Silvain Maupouet et qui ont vécu à cheval sur deux paroisses / communes. Leurs nombreux fils respectifs ont presque tous donné le prénom Silvain à l’un de leurs fils… et tous étaient journaliers ou laboureurs. Au total, j’ai aujourd’hui 55 Silvain Maupouet / Monpouet dans mon arbre.
Belle pelote de laine qu’il faut démêler avec précaution.

Si à la lecture d’un acte, le lieux-dit est indiqué, ce sera un indice précieux pour distinguer vos ancêtres.

Par exemple, l’acte de décès suivant nous apprend que mon ancêtre Silvain Maupouet est décédé “dans sa maison située au Chatellier”.

Pour étudier une famille

Mes méthodes de recherche ont évolué depuis mes débuts en généalogie. Je ne travaille plus ancêtre par ancêtre… mais au niveau familial, sur trois ou quatre générations.

Ceci permet de mieux comprendre les conséquences d’un événement sur les membres d’une famille mais aussi les interactions entre ces membres.
L’aspect géographique, l’éloignement ou la proximité, est bien sûr un aspect important de ces relations.

Noter scrupuleusement les lieux-dits permet de connaître l’implantation des différents membres de la famille. J’aime particulièrement visualiser la dispersion des enfants partis fonder une famille.

Comment saisir les lieux-dits

Les lieux-dits dans les logiciels

Voyons au travers deux exemples ce que proposent les logiciels de généalogie :

Généatique

Généatique permet, pour tous les types d’événements, de préciser un lieu-dit. Un champ spécifique existe pour cela.

De plus, les utilisateurs peuvent vérifier et même corriger la localisation du lieu-dit sur une carte.

Heredis

Sur Heredis, les lieux-dits sont saisis dans un champ spécifique nommé “Subdivision”.

Heredis permet également de vérifier et corriger la localisation du lieu-dit sur une carte.

Les lieux-dits sur les sites

Filae

Sur Filae, deux cas sont possibles :

  • Vous importer votre arbre généalogique au moyen d’un fichier GEDCOM que vous avez créé depuis un logiciel.
    La saisie des lieux-dits se fait dans votre logiciel et non pas sur Filae.
  • Vous utilisez Filae pour saisir votre arbre généalogique. Dans le champ de saisie Lieu, écrivez en premier le lieu-dit, ajoutez une virgule puis continuez par la commune ou la paroisse.

Geneanet

Sur Geneanet, deux cas sont aussi à distinguer :

  • Vous importer votre arbre généalogique au moyen d’un fichier GEDCOM que vous avez créé depuis un logiciel.
    La saisie des lieux-dits se fait dans votre logiciel et non pas sur Geneanet.
  • Vous utilisez Geneanet pour saisir votre arbre généalogique. Dans le champ de saisie Lieu, écrivez en premier le lieu-dit, ajoutez une virgule puis continuez par la commune ou la paroisse.

Comment retrouver et localiser les lieux-dits

Passons maintenant au vif du sujet. Comment retrouver ces lieux-dits – ou Subdivisions – et comment les localiser ?

Et bien, dans le principe, c’est assez simple.

  1. Il faut commencer par la recherche et la lecture des actes d’archives pour identifier et différencier ces lieux. À cette étape, on peut s’aider de bases de données sur internet.
  2. Puis utiliser utiliser les cartes anciennes pour localiser les lieux de vie de vos ancêtres.

C’est ce que nous allons détailler maintenant.

Sur les actes

Ce n’est pas une surprise. La première étape consiste à lire les actes qui concernent vos ancêtres. Les actes d’état-civil (naissance, mariage, décès) ou les actes paroissiaux (baptême, mariage, sépulture) sont bien entendu votre priorité… mais élargissez vos recherches et frottez vous par exemple aux archives notariales qui foisonnent de détails.

Archives de notaires et généalogie: Les basiques de la généalogie.
  • 96 Pages - 09/22/2015 (Publication Date) - Archives et Culture (Publisher)

Une seule règle : lisez tout le document à la recherche d’une indication de lieux-dit ou même d’adresse exacte. En fonction du type de document et de l’époque, la lecture en sera plus ou moins ardue… mais c’est ce qui fait le sel de la généalogie.

Voici quelques exemples :

Dans les recensements

Parfois, la lecture d’un lieu-dit est difficile. Surtout si l’on cherche dans une commune peu étudiée dans votre généalogie. Il faut alors tâtonner pour être certain de bien identifier le bon lieu-dit.

Pour me donner des pistes, j’utilise souvent la page récapitulative, en fin des recensements de population. Tous les lieux-dits de la commune y sont listés. C’est donc une bonne façon de confirmer votre lecture sur l’acte d’origine.

Il faut noter, comme vous le savez certainement, que les recensements sont présentés par lieux-dits. Ce qui permet de se faire une bonne idée de l’environnement immédiat de vos ancêtres.

Dans les bases de données géographiques

Ensuite, toujours dans le but de vérifier que je ne me suis pas trompé en lisant le lieu, j’utilise un site d’une très grande utilité : Territoires-fr

Dans la partie “Lieux-dits”, indiquez la commune de recherche et ce site vous donne une liste des lieux-dits qui y sont répertoriés.

Sur les cartes anciennes

Ensuite quand le nom du lieu-dit recherché est établi, nous pouvons poursuivre vers la localisation. Pour cela, il n’y a rien de mieux qu’une carte.

Le site de cartographie que j’utilise en priorité est Remonter le temps, un site édité par l’IGN.

Ce site propose différentes cartes historiques et photographies aériennes que l’on peut comparer grâce à une présentation en deux écrans.

Voici par exemple, ce qu’il est possible de voir pour Le Peu, à Céré-la-Ronde dans le 37 où est né mon arrière grand père.

Sur la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la graphie est Le Puy.
Sur les cartes d’état major (1820-1866), le nom est devenu Le Peu.
Vers 1960, les bâtiments sont encore visibles sur les photos aériennes.
Aujourd’hui, le Peu est toujours indiqué sur la carte IGN…
… mais les bâtiments ont disparu sur les dernières photographies aériennes.

Dans le cadastre

Et enfin, si vous en avez la possibilité, ne négligez pas le cadastre, souvent mis en ligne sur les sites des archives départementales. C’est aussi indirectement un outil de localisation géographique de vos ancêtres.



Conclusion

Chercher à connaître plus précisément les lieux de vie de vos ancêtres est fortement recommandé. Vous en tirerez de nouvelles pistes de recherches mais aussi et surtout une image bien plus réaliste et complexe de votre histoire familiale.

Utilisez les archives, lisez en détail les actes que vous trouvez, identifiez les lieux-dits puis reportez vous aux cartes anciennes.
Avec un peu de méthode et de patience, vous vous prendrez au jeu.

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