Généalogie : Pourquoi et comment interroger votre famille ?

Genealogie _ Pourquoi et comment interroger votre famille

 

Vous retracez votre histoire familiale. Ne négligez pas d’interroger les personnes les plus âgées de votre famille. Pourquoi ? Qui interroger ? Comment s’organiser, quel matériel utiliser, comment conduire l’entretien et surtout quelles questions poser ? Voici comment procéder.

 

Je vous recommande très chaleureusement de questionner les membres de votre famille.
Vous passerez un moment inoubliable qui renforcera certainement les liens que vous avez avec ces personnes. Vous apprendrez des détails insoupçonnés sur leur vie et sur celle de leurs proches.

Grace à ces informations et au sujets abordés, vous allez pouvoir apprendre énormément sur la vie de votre famille proche. Vous allez mieux comprendre certains événements, certains traits de caractères, certaines décisions qui ont peut-être eu des répercussions sur votre propre vie.

C’est l’un des sens de la généalogie, non ?

 

Qui interroger ?

 

Il n’y a pas de réponse figée. Une étude menée en 2015 montrait que si vous interrogez une personne dans la rue, elle va presque toujours pouvoir citer le nom de ses grand-parents. Mais passer à la génération précédente est pratiquement impossible.

 

Donc, bien entendu, tournez vous vers les personnes les plus âgées de votre famille.

Ensuite, osez interroger des personnes qui ne sont pas directement dans votre noyaux familial.
Par exemple, c’est en questionnant la sœur aînée de ma grand-mère que j’ai appris le nom du petit village d’origine de mes arrière-arrière-grands-parents, en Italie. Une information qui m’a économisé des heures de recherche.

Enfin, ne négligez pas de visiter des voisins, des amis de famille. Certaines personnes encore vivantes ont des choses à vous raconter sur vos grands-parents ou arrière-grand-parents.

 

 

Pourquoi interroger votre famille ?

 

Échange et émotion

 

Prendre le temps de se rapprocher de sa famille, de parler, d’échanger, de comprendre n’a pas de prix. Interviewer certaines personnes de votre famille sera, soyez en certain, riche en découvertes mais surtout riche en émotions.

 

Différentes phases de recherche, différents objectifs

 

Quand on débute ses recherches généalogiques, la première phase consiste à rassembler des informations avant de se lancer plus avant. Il s’agit donc de collecter des documents familiaux et des photographies. Bien entendu, il est assez habituel d’interroger sa famille pour reconstituer rapidement un début d’arbre généalogique.

Ensuite, souvent plus tard, l’ambition de détailler la vie de ses ancêtres se fait sentir. Interroger les personnes les plus âgées de nos familles est alors une nouvelle étape vers cette pratique plus complète de la généalogie.

 

Dans le premier cas, on cherchera avant tout des faits : Lieux d’origine, dates, branches de cousins éloignés…

Dans le deuxième cas, l’objectif sera une image plus précise de la vie d’une personne et de son noyau familial.

 

Les faits

 

Vous allez obtenir des faits, des noms, des lieux et des dates… Autant d’événements que vous allez pouvoir rattacher aux personnes décrites.

Attention, si vous n’avez pas de documents (exemple : le livret de famille) pour ‘sourcer’ ces informations pendant l’entretien, considérez-les comme incertaines.
Cela signifie que vous devrez faire l’effort de vérifier chaque évènement en cherchant les actes correspondants.

 

Les témoignages

 

Toutes les anecdotes et témoignages que vous allez récolter sont également très utiles. Grace à eux, vous allez retracer la vie, vous approcher du caractère, comprendre la place dans la famille et peut être mieux comprendre les personnes évoquées par votre interlocuteur / interlocutrice.

 

Attention, ces témoignages sont soit des souvenirs soit des opinions… et donc sujets à oubli ou déformation. Comme toujours, en généalogie, prenez en compte ces informations mais confrontez-les à d’autres sources… interrogez d’autres personnes.

 

Exploiter les interviews dans votre logiciel de généalogie

 

Très simplement, chaque évènement sera ajouté dans votre arbre généalogique. Dans le champ ‘source’, indiquez « Entretien du xx/xx/xxxx avec xxxxxx».
Ensuite, vous devrez rechercher les actes correspondants, et en indiquer les sources.

Cette méthode participe à multiplier les événements pour une personne et donc à créer sa ligne de vie.

 

Les faits Vous allez obtenir des faits, des noms, des lieux et des dates… Autant d’événements que vous allez pouvoir rattacher aux personnes décrites. Attention, si vous n’avez pas de documents (exemple : le livret de famille) pour ‘sourcer’ ces informations pendant l’entretien, considérez-les comme incertaines. Cela signifie que vous devrez faire l’effort de vérifier chaque évènement en cherchant les actes correspondants. Les témoignages Toutes les anecdotes et témoignages que vous allez récolter sont également très utiles. Grace à eux, vous allez retracer la vie, vous approcher du caractère, comprendre la place dans la famille et peut être mieux comprendre les personnes évoquées par votre interlocuteur / interlocutrice. Attention, ces témoignages sont soit des souvenirs soit des opinions… et donc sujets à oubli ou déformation. Comme toujours, en généalogie, prenez en compte ces informations mais confrontez-les à d’autres sources… interrogez d’autres personnes. Comment saisir les interviews dans votre logiciel de généalogie Très simplement, chaque évènement sera ajouté dans votre arbre généalogique. Dans le champ ‘source’, indiquez « Entretien le xx/xx/xxxx avec xxxxxx». Ensuite, vous devrez rechercher les actes correspondants, et en indiquer les sources. Cette méthode participe à multiplier les événements pour une personne et donc à créer sa ligne de vie. Pour les anecdotes et témoignages, c’est plus compliqué. Vous pouvez sans doute créer des documents séparés avec votre logiciel favoris (ex : Word, OpenOffice, Google Docs…). Si cette solution vous donne une grande liberté, il va vous falloir penser à attacher d’une façon ou d’une autre ce document à l’ancêtre concerné. Vous allez aussi devoir penser à sauvegarder tous les documents créés. Pour ma part, comme j’essais toujours de me simplifier la vie, j’utilise la partie note disponible pour chaque personne de mon arbre. L’avantage est que le standard GEDCOM comprend cette partie note et la sauvegarde est donc automatique. La contrepartie est que je ne peux pas ajouter de photographies et ajuster la mise en forme.

 

Pour les anecdotes et témoignages, c’est plus compliqué.
Vous pouvez sans doute créer des documents séparés avec votre logiciel favoris (ex : Word, OpenOffice, Google Docs…). Si cette solution vous donne une grande liberté, il va vous falloir penser à lier d’une façon ou d’une autre ce document à l’ancêtre concerné dans votre logiciel. Vous allez aussi devoir penser à sauvegarder tous les documents créés.

Pour ma part, comme j’essaie toujours de me simplifier la vie, j’utilise la partie note disponible pour chaque personne de mon arbre. L’avantage est que le standard GEDCOM comprend cette partie note et la sauvegarde est donc automatique. La contrepartie est que je ne peux pas ajouter de photographies ni ajuster la mise en forme.

 

Comment interroger une personne de votre famille ?

 

Entretiens individuels, en couple ou en groupe ?

 

Très sincèrement, cela dépend.

Cela dépend de vous mais aussi et surtout des personnes que vous allez interviewer et des sujets abordés.

Si vous parlez à un groupe de personnes, il est probable qu’une de ces personnes monopolise la parole et/ou impose sa vision des choses. Vous devrez consacrer de l’énergie à répartir les possibilités de s’exprimer.

Mais, un groupe vous donnera de très bons résultats grâce aux échanges et à la complémentarité des informations données par les différentes personnes.

 

Pourquoi comment interroger votre famille - Entretien

 

Un entretien individuel va vous emmener vers une discussion beaucoup plus personnelle, intime, propice aux confessions. Mais dans le même temps, en fonction de la personnalité de la personne interviewée, vous allez sans doute être confronté à des oublis ou des silences.

Vous l’avez compris, ajustez votre stratégie en fonction des personnes si vous les connaissez bien, et en fonction des sujets abordés.

 

En fait, l’idéal est certainement de commencer par des rencontres en groupe puis de passer à des entretiens individuels. Pour cela, l’approche par plusieurs petites sessions semble la plus appropriée.

 

 

Quel matériel ?

 

Documents et photographies :

Premièrement, je vous conseille très fortement de préparer les photographies et documents que vous possédez en lien avec le noyau familial de la personne que vous allez interroger.
Venez aussi avec un arbre généalogique de ce noyau familial, montrant au moins deux générations ascendantes et descendantes, ainsi que les conjoints et cousins.

Vous pouvez aussi, quelques semaines avant l’entretien, demander à la personne interrogée de retrouver les photographies familiales quelle possède. Une bonne occasion pour vous de découvrir de nouveaux trésors.

Tous ces documents seront un excellent support pour poser des questions et raviver les mémoires.

 

Pourquoi comment interroger votre famille - Documents

 

 

Prise de notes :

Ensuite, vous allez prendre des notes, faire des croquis (des branches familiales), peut être esquisser des lignes de vie au fur et à mesure de l’entretien.

Là, c’est à vous de décider : Soit vous êtes classique et utilisez un cahier et un stylo, soit vous êtes « digital » et vous vous servez de votre ordinateur ou tablette.

J’utilise un cahier spécifique pour cela. La solution « Papier + Crayon » reste à mon avis la plus rapide et la plus flexible (texte, croquis, arbres…). Cela permet aussi beaucoup plus d’échanges avec la personne que vous interrogez et donc de spontanéité.

Mais, quand l’entretien est terminé, je photographie chaque page avec mon smartphone. Toutes ces images sont ainsi transférées dans Evernote, mon application de gestion de notes sur le cloud. Elles sont donc sauvegardées et accessibles à tout moment.

 

Pourquoi comment interroger votre famille - Carnet de notes

 

Enregistrement :

Enfin, si vous le souhaitez et si vous avez l’accord de la personne interviewée, il est aussi possible d’enregistrer l’entretien.

Le format audio est très bien, le format vidéo est encore mieux.

Il vous faut donc le matériel pour cela :
Pour la version audio, un dictaphone (ou un smartphone) posé sur la table se fera vite oublier.
Pour la version vidéo, c’est plus encombrant : Vous ne pourrez pas vous passer d’un trépied pour votre caméra ou votre smartphone et vous devrez vous assurer que la lumière et le son sont acceptables. Prenez en compte que la présence d’une caméra est bien plus perturbante et risque de gêner la discussion.

Dans les deux cas, en fonction de la durée de l’entretien, attention à l’autonomie des piles/batteries et la saturation des cartes mémoires.

 

Quel endroit et quelle atmosphère ?

 

Ce sujet me semble être assez simple. Plus vous voulez obtenir des détails intimes ou parler de sujets difficiles, plus vous avez besoin d’installer un climat de proximité.

Oubliez donc les lieux publics, les réunions de famille, les enfants qui courent autour de vous, la télévision en fond… Préférez un environnement familier, douillet et calme.

Il vous faudra disposer d’une table si vous voulez écrire et disposer les différents documents et photographies.

 

L’idéal est de se retrouver autour d’une table, à l’occasion d’un goûter, où le service du café/thé et des petits gâteaux seront propices aux petites poses et aux changements de sujet… Stratégie, stratégie…

 

Pourquoi comment interroger votre famille - Quel endroit et quelle atmosphere

 

Quelle attitude ?

 

Règle numéro 1… Taisez-vous !

Soyez à l’écoute, ne monopolisez pas la parole : Si ces entretiens doivent se dérouler suivant un principe de dialogue, votre objectif est d’obtenir des informations ou des témoignages. Votre rôle est donc de laisser parler votre/vos interlocuteur(s).

Alors, posez vos questions, précisez, guidez, rebondissez… mais surtout, écoutez.

 

Procédez progressivement : Partez toujours de questions faciles et factuelles (exemple : le nom des parents, les lieux d’habitation…) pour aller, par petites touches vers des aspects plus personnels. Utilisez les réponses pour poser de nouvelles questions plus précises.

À chaque question, essayer de détecter si la personne est à l’aise ou sur la défensive. Il ne s’agit jamais de brusquer, de forcer les choses et votre interlocuteur/interlocutrice a parfaitement le droit de vouloir éviter des sujets.

À vous de trouver les limites et le chemin… Si un sujet pose un problème, mettez-le de côté, tout simplement. Si c’est possible, revenez-y plus tard.

 

N’ayez pas peur des silences. Dans la plupart des cas, le silence correspond à un besoin de raviver ses souvenirs, de réfléchir à la formulation de ses sentiments ou même de se décider à parler d’un sujet sensible.

Pourquoi comment interroger votre famille - Les silences

 

Et surtout, suivez le rythme de la personne. Après tout, la patiente est l’une des caractéristiques essentielles du généalogiste !

 

 

J’espère sincèrement vous avoir donné envie de questionner vos proches et ceux qui ont connu votre famille. Dans un prochain billet, je vais vous proposer une liste de questions que j’ai construit au fil du temps.
N’hésitez surtout pas à partager vos expériences et vos remarques, dans la partie commentaires au bas de cette page.

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2 Thoughts to “Généalogie : Pourquoi et comment interroger votre famille ?”

  1. DARQUIE

    Bonjour,

    une remarque en passant: quand on souhaite “retracer son histoire familiale”, c’est que l’on est déjà parmi “les personnes les plus âgées de la famille”;, voire la plus âgée… Il est alors trop tard pour espérer obtenir un secours de la part d’autres personnes de la famille.
    Selon mon expérience, les enfants ou petits enfants ne sont pas particulièrement motivés pour retracer l’histoire familiale, au delà des discussions autour d’un repas…

    Cordialement.

    Alain

    1. LaurentMonpouet

      Bonjour Alain,

      C’est malheureusement vrai. La plupart des généalogistes ont plus de 50 ans.
      La part de “jeunes” est quand même encourageante et c’est à eux, en effet, que ce billet s’adresse en priorité.
      Mais, par exemple, j’ai parlé longuement par téléphone le mois dernier avec un monsieur de 90 ans qui a connu mes arrière-grands-parents. Donc, c’est rare mais possible.

      Je partage également votre constat sur l’intérêt des enfants… Je pense que c’est quelque chose d’assez naturel. Adolescent, je n’avais pas beaucoup d’intérêt ni pour la famille ni pour l’histoire. Et vous ?
      Mais scotcher mes 3 ados, 10 minutes, sur un sujet qui touche l’histoire de la famille est un de mes challenges favoris 😉

      Bien cordialement,
      Laurent

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