La généalogie est un terme générique qui englobe en réalité plusieurs spécialités, types de recherche et donc plusieurs objectifs.
En effet, nous entendons parler de généalogie familiale ou successorale, de généalogie ascendante, descendante, agnatique ou cognatique, de généalogie foncière, de psychogénéalogie ou même de généalogie par ADN. Ce sont bien différents types de généalogie que nous faisons presque sans le savoir tellement les frontières entre elles sont faciles à franchir.
Mais que signifient vraiment tous ces types de généalogie ? Et qu'est-ce qui fait leurs différences ?
C'est ce que nous voyons tout de suite.
Qu'est ce que la généalogie ?
La généalogie est une activité qui consiste à retrouver nos ancêtres puis à retracer leur histoire au moyen de documents anciens.
Les documents les plus utilisés sont les archives de l'état civil, ancien et nouveau régime, les archives militaires et les archives notariales. Mais les généalogistes expérimentés se tournent vers une multitude d'autres archives.
Généralement cette définition, grossière j'en conviens, suffit à résumer notre loisir préféré. Mais au fil des discussions ou des lectures, vous allez à coup sûr voir apparaître toute une panoplie de types de généalogie.
Certains sont assez faciles à comprendre, mais d'autres méritent que l'on s'y attarde pour découvrir l'étendue des pratiques généalogiques et choisir celles qui vous conviennent.
Voici donc une liste des types de généalogie que l'on peut rencontrer au fil de nos lectures.
Quels sont les différents types de généalogie ?
La généalogie familiale
La généalogie familiale est sans conteste le type de généalogie le plus populaire. C'est en effet ce que nous pratiquons tous quand nous recherchons nos ancêtres.
La généalogie familiale à pour particularité de remonter dans le temps et de récolter des informations sur nos ancêtres, génération par génération.
Le terme familial indique aussi que le noyau familial est étudié pour donner du contexte à nos recherches et mieux comprendre la vie de nos ancêtres.

La généalogie familiale est pratiquée par nous, généalogistes amateurs, mais aussi par des généalogistes professionnels familiaux.
La généalogie successorale
La généalogie successorale est plus spécialisée et pratiquée par des généalogistes professionnels successoraux. Ces professionnels sont mandatés par les institutions pour retrouver les ayants droits d'une succession.
La généalogie successorale se distingue par le fait quelle se concentre sur des générations récentes. En effet, il faut remonter seulement de quelques générations puis retrouver tous les descendants vivant qui peuvent prétendre à la succession.
Les généalogistes successoraux travaillent à partir de dispenses pour accéder aux archives les plus récentes, ce qui n'est pas permis pour les généalogistes familiaux.
Pour en savoir plus sur la généalogie successorale, regardez cette vidéo :
La généalogie ascendante
La généalogie ascendante est, comme son nom l'indique, un type de recherche généalogique qui se concentre sur l’étude des ancêtres d'une personne. Ceci en remontant de la période actuelle (ou contemporaine de la personne souche) vers les générations précédentes et donc vers des temps plus reculés.
Sans le savoir, c'est souvent la généalogie ascendante que pratiquent les généalogistes débutants.
On peut dire que c'est naturellement la recherche généalogique la plus populaire, certainement encouragée par l'image de l'arbre généalogique qui reprend ce concept.
Voici par exemple un arbre généalogique ascendant 4 générations produit par le logiciel Généatique :

Il existe aussi une représentation horizontale de l'arbre d'ascendance dont voici un exemple sur Filae :

Enfin, et c'est ma préférence pour son coté compact, il existe une représentation sous forme de roue ou "en éventail", comme par exemple sur Geneanet :

La généalogie descendante
La généalogie descendante consiste, à partir d'un ancêtre, à descendre les générations depuis les temps anciens jusqu'à aujourd'hui.
C'est une recherche généalogique qui permet de visualiser, par exemple, la dispersion géographique et/ou sociale des descendants un seul ancêtre.
Nous nous servons aussi de la généalogie descendante pour retrouver des cousins éloignés vivants dans le but par exemple d’échanger des documents ou des photographies anciennes.
C'est aussi la première étape de l'organisation d'une cousinade.
L'arbre généalogique descendant, même s'il peut s’avérer très gourmand en taille à l'horizontal puisqu'il faut afficher tous les enfants de chaque couple, est la forme de représentation la plus courante. Par exemple voici celui produit sur Geneanet (pour seulement 4 générations) :

Ici aussi, ma préférence va vers la forme en roue de descendance, avec par exemple celle produite sur Heredis :

Et enfin, pour sa simplicité et sa clarté, j'aime beaucoup la représentation Liste d'ascendance, comme celle-ci sur Filae :

La généalogie agnatique
La généalogie agnatique se consacre à l'étude de la lignée mâle d'un individu.
Ce type de généalogie se contente donc de rechercher exclusivement le père, le grand-père, l’arrière-grand-père, etc. de la personne souche.
Cette généalogie, assez réductrice dans l'ensemble, est pourtant souvent utilisée quand on s’intéresse à l'histoire de son nom de famille paternel.

En termes de généalogie agnatique, quand j'étudie une lignée, ma représentation favorite est celle qui affiche aussi la fratrie de mes ancêtres et leur position dans cette fratrie.
Voici par exemple la lignée agnatique de mon grand-père maternel, avec les fratries pour chaque génération, obtenue avec le logiciel Généatique.

La généalogie cognatique
La généalogie cognatique se concentre sur la lignée des femmes, on parle aussi de lignée utérine.
Il s'agit donc de rechercher la mère, la grand-mère, l’arrière-grand-mère, etc. d'une personne souche.

La généalogie immobilière ou foncière
Comme son nom l'indique, la généalogie foncière s'attache à retracer l'histoire d'une maison, d'un immeuble ou même pourquoi pas d'un lieu-dit.
Cette généalogie est par exemple prisée par les généalogistes dont les ancêtres ont vécu dans la même maison pendant plusieurs générations.

C'est une recherche généalogique qui combine l'étude de l'état civil, des recensements, du cadastre et des actes notariés.
Personnellement, je travaille périodiquement sur l'étude d'un hameau de quelques maisons déjà présent sur les cartes de Cassini et encore debout de nos jours.
J'ai commencé par répertorier les habitants grâce aux recensements, puis en épluchant les registres d'état civil puis paroissiaux. Ensuite, je me suis appuyé sur le cadastre puis enfin, quand je peux me rendre aux archives départementales, en cherchant parmi les archives notariales pour comprendre l'histoire des bâtiments.
L'objectif est de connaitre en détail les habitants du hameau, d'en connaitre les propriétaires et les locataires, à travers les ages, pour peut-être un jour en tirer une monographie.
Pourquoi mon intérêt pour cet endroit précis ?
Parce qu'il se trouve dans la zone qui est le berceau de mes ancêtres paternels (en touraine) et que ce hameau porte tout simplement le même nom que moi.

Pour plus de détails, je vous invite à lire ce précis de généalogie foncière mis en ligne par les archives départementales d'Eure-et-Loir.
La généalogie génétique ou ADN
Toujours interdite à la vente ET à l'achat en France, la généalogie génétique rencontre pourtant un franc succès puisque qu'on estime que plus de 35 millions de tests généalogiques ont été vendus dans le monde.
Pour résumer, il faut distinguer deux branches distinctes à la généalogie ADN :
- La recherche de vos origines ethniques qui se concentre sur la comparaison de votre ADN avec des groupes ethniques de référence pour déterminer vos origines.
- La recherche de personnes qui partagent des morceaux ADN avec vous qui permet d'établir des cousinages qui confirment ou contredisent les résultats de vos recherches généalogiques classiques.
Cette branche de la généalogie ADN est aussi particulièrement utiles aux personnes adoptées ou qui ne connaissent pas l'un de leurs parents.
Cette illustration montre mes origines ethniques selon FamilyTreeDNA, en haut, et par MyHeritage, en bas. Des différences sur les groupes de référence et sur les algorithmes de comparaison expliquent ces divergences d'origines entre ces deux entreprises. Vous comprendrez mon opinion négative sur la promesse mise en avant par ces compagnie par rapport aux origines ethniques.

Mon opinion est plus positive sur la recherche de cousins ADN. Voici, par exemple, mes 4 correspondances ADN les plus fortes sur MyHeritage :

La psychogénéalogie
La psychogénéalogie ou analyse transgénérationnelle est une méthode thérapeutique qui cherche à réduire le mal-être d'une personne en analysant sa généalogie. L'objectif est de comprendre sa place et ses relations (secrets de famille, répétitions, histoire familiales tragiques) avec ses ancêtres.
Pour en savoir plus, regardez cette vidéo :
La psychogénéalogie à bien entendu ses opposants et pose effectivement question sur son bien-fondé.
Je suis moi même trop pragmatique pour me laisser convaincre sans hésitations. Pourtant, je sais que nous sommes tous la somme de l'inné et de l'acquis, et que la plus grande partie de cet acquis se cultive pendant l'enfance au contact de nos proches et donc de notre famille... alors pourquoi pas ?
La généalogie médicale
La généalogie médicale est l'étude, par la généalogie, de la transmission des maladies héréditaires et génétiques.
Il s'agit donc d'étudier son arbre généalogique pour comprendre la propagation d'une maladie ou de gènes, d'un ancêtre à tous ses descendant. L'objectif est bien sûr d'identifier les risques et les descendants porteurs de la maladie et de mettre en place des plans de surveillance.
Cette illustration reprend la Human Pedigree Nomenclature qui permet une représentation normalisée d'un arbre généalogique médicale.

Pour conclure
Nous savons maintenant que la généalogie se pratique sous diverses formes. En fonction de vos envies, vous vous orienterez certainement en priorité sur une ou deux de ces formes. Mais comme toujours, ne vous enfermez pas et passez d'un type à l'autre quand et si vous le souhaiterez pour que la recherche généalogique soit et reste un plaisir.
Quels types de généalogie pratiquez-vous de préférence ? Utilisez la partie commentaire pour nous donner votre retour d’expérience sur ce sujet.
Voulez-vous suivre l'actualité des sites, archives, logiciels et blogs de généalogie ? Inscrivez-vous à la newsletter hebdomadaire.












Merci pour cet article très complet et vos avis sans parti pris. Il me permet de clarifier ce que je savais déjà plus ou moins mais en agissant de manière brouillonne et éparpillée comme la debutante que je suis.
Ayant réalisé depuis de nombreuses années des recherches sur mes ancêtres de Touraine, j’ai eu grand plaisir, après la lecture du dernier Prix Goncourt (“La maison vide” de Laurent Mauvigner) de déceler, par pur plaisir généalogique les liens ayant pu exister entre les deux familles Foussier et Mauvignier.
Bonjour. Merci pour cet article très intéressant, comme toujours. J’apprécie particulièrement le fait que vous donniez votre avis, en justifiant, mais sans exclure. Comme beaucoup, je cherche à tracer et à documenter la vie de mes ancêtres, proches ou lointains. Difficile à faire en Espagne et, surtout, à Gibraltar. Je ne suis tentée ni par la recherche ADN, ni par la psychogénéalogie, même si j’y trouve des points intéressants et me documente. Cordialement (pardon pour le départ intempestif de mon “commentaire” précédent)
Bonjour.
Bonjour, merci pour cet article à nouveau très intéressant. Je n’ai encore jamais rencontré un collègue historien de formation qui, comme moi, cautionnerait la psycho-généalogie, ses pseudo fondementrs scientifiques, et je signale que cette pratique reste toujours suivie attentivement par la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires. Par contre, je suis heureux de contribuer à l’émergence d’une nouvelle pratique généalogique qui s’inspire de l’intuition de la généalogiste américaine Lisa lisson et à à laquelle j’ai apporté tous les fondements méthodologiques dans la perspective de fournir à chaque généalogiste matière à explorer son histoire familiale ou locale à la faveur d’expériences sensorielles. Elles servent de connection au monde d’un ancêtre à partir de sources généalogiques. Voici une présentation de la généalogie sensorielle : https://projet-histoire.com/genealogie-sensorielle-2/. Je vous laisse évidemment juge de l’opportunité de l’utiliser pour compléter votre typologie et me tiens à votre disposition pour explorer d’éventuels prolongements sur ce sujet si cela vous intéresse. Cordialement
Bonjour,
Merci pour cet article.
Pour moi j’ai initié ma généalogie pour trouver l’origine de mon nom de famille et en comprendre son orthographe. J’ai rapidement dévié sur la psychogénéalogie qui je le reconnais peut paraître infondée car non reconnu scientifiquement mais quand on se plonge dedans avec un.e thérapeute formée celà devient libérateur 🙏
Merci pour cet excellent article (encore un !), clair et pédagogique.
Concernant la psychogénéalogie, je ne désespère pas de vous convaincre du bien fondé de cette discipline (qui, vous avez raison de le mentionner, mérite d’être strictement encadrée) ! Je l’ai découverte de façon totalement empirique, pendant l’écriture de mon récit « Jeanne l’Alsacienne » sur 7 générations de femmes : l’observation de mon propre arbre généalogique corobore parfaitement les principaux axes théoriques de la psychogénéalogie.
https://genealogiealsace.wordpress.com/tag/psychogenealogie/
https://www.decoatouslesetages.fr/livre-jeanne-lalsacienne/
Bonsoir,
Mon frère m’a initié à la généalogie quand j’avais une vingtaine d’années et j’en ai 60.
J’ai fait un test ADN et j’ai réussi à trouver un cousin côté maternel dont c’est l’enfant unique: le frère de ma mère.
En 2019, je suis allée à Celles, en Dordogne et j’ai appris que des ancêtres y avaient déjà vécu sans me souvenir lesquels. Ayant été trop occupée, je n’ai pas pu m’informer davantage pendant les trois mois que j’y étais. Un jour, je vais y retourner
Bonjour
Merci pour cet article.
Bonne semaine.
PEG
Bonjour
On voit bien rapidement en débutant avec l’aide des sites en ligne que la généalogie familiale ouvre vite ves la succession du nom via les pères avec des changements parfois de simple orthographe (un h dans mon nom apparaît ou disparaît selon les époques et les actes) ou plus radicalement (* j’ai la succession DELAMAGNE- MAGNE DIT DAZON – DAZON). Également le nom persiste par la mère quand le père est inconnu. Enfin tout le monde sait que le père biologique et le mari qui donne le nom peut différer. Enfin la lignée du nom ne suit pas les mêmes règles selon les pays…. Comment intégrez vous tout cela dans votre classification ?
Cordialement
Bonjour et merci pour votre question.
Je ne pense pas que les particularités que vous évoquez soient des généalogies à part.
Les variantes orthographiques et les pères inconnus sont des choses courantes en effet. Les lignées de noms différentes de nos habitudes françaises sont aussi bien réelles, j’en conviens.
Mais, ces difficultés s’intègrent habituellement à nos généalogies ascendantes ou descendantes.
Avez-vous des limites sur ces 3 particularités avec votre logiciel de généalogie ?
Bonne soirée,
Bonjour, je retrouve cet échange avec votre article du 22/02/2026 !
En 4 ans (mes débuts) et maintenant l’arbre a bien grandi. Des cousinages ont pu être établis, notamment avec une cousine butant comme moi sur un ancêtre à la vie un peu mystérieuse. Aujourd’hui je m’arrête sur votre description de la généalogie foncière. Faisant partie d’Aprogemere, et travaillant sur les actes notariés des années 1740 je m’aperçois qu’à part les variantes d’orthographe les dénominations de lieu-dits persistent et même celles des paroisses devenues des communes ont peu changé. habitant dans un lieu-dit dans une maison construite vers 1900 je retrouve un ancètre né dans le même lieu dit avant 1800. Il est intéressant de voir aussi les migrations : ma fille s’est établie dans une village de région différent et je retrouve son village comme lieu de décès d’un ancêtre dans les années 1800. Enfin, la paroisse d’origine de ma famille paternelle où apparait mon nom a donné lieu à une étude généalogique d’une habitante qui a colligé toutes les familles du lieu. Là aussi cela a permis la découverte de cousinage entre amis qui ne suspectaient pas de lien de parenté.
Pour répondre bien tardivement à votre question j’utilise généatique et je verse les résultats dans généanet. Le blocage où la gène éventuelle que je ressent est qu’il n’y a pas d’indication ou d’évaluation du caractère certain ou plus ou moins hypothétique des données. Ce qui faciliterait peut-être le travail de correction, au delà de la simple donnée d’existence de sources.
Enfin je ne crois absolument pas à une psychogénéalogie. Avoir un secret de famille pesant est un fait s’il est suffisamment récent pour avoir influé des comportements. Découvrir que tel ancêtre au delà de 3 générations est un saint, un criminel ou une victime ne peut rien expliquer, sauf à être déstabilisé par la découverte elle-même. idem pour la découverte du lien avec une célébrité… Pour moi, c’est simplement construire une argumentation secondaire liée à sa propre sensibilité.
Bien cordialement et merci pour vos artcles.
Merci pour ce retour, Jean.
Bon dimanche.
Bonjour,
Et encore merci, je ne savais pas, qu’il y avait tant d’arbres généalogie différents.
C’est une superbe explication.
Cordialement
Bonjour et merci pour ce gentil commentaire 😉