Pourquoi exporter son arbre généalogique dans un fichier GEDCOM ?

Qu’est ce qu’un fichier GEDCOM ? Est ce que le format GEDCOM est vraiment fiable ? Quelles sont ses limites ? À quoi peut bien servir un fichier GEDCOM ? C’est à ce type de questions que nous allons répondre dans ce billet.

 

Je lis toujours avec intérêt les échanges et les commentaires que font naître les billets d’un blog. Cela permet d’estimer si le billet est intéressant, utile et compréhensible pour le plus grand nombre des lecteurs. Cela permet aussi, au fil des questions de comprendre les lacunes du billet (pour faire mieux la prochaine fois) et surtout pour détecter des sujets pour de prochains billets.

 

C’est le cas de ce billet : Les échanges et les commentaires suite aux fiches pratiques vidéo sur l’export au format GEDCOM d’un arbre généalogiques sont très intéressants. Si certaines réactions montrent une grande connaissance du sujets, d’autres au contraire me font penser qu’un billet spécifique sur le format GEDCOM peut être utile à beaucoup de lecteurs, débutants ou non.

 


Lire aussi :
Geneanet : Comment exporter votre arbre généalogique dans un fichier GEDCOM ?
MyHeritage : Comment exporter votre arbre généalogique dans un fichier GEDCOM ?


 

Qu’est ce que le format GEDCOM

 

Un peu d’histoire

 

Le format GEDCOM est un format créé pour permettre l’échange informatique de données généalogiques. Le nom GEDCOM est un acronyme de « genealogical data communication », soit pour nous, « communication de données néalogiques ».

Le format GEDCOM est né au début des années 1980 à l’initiative de l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours.  Ce format devant notamment régler le problème de l’échange de données entre deux logiciels de généalogie.

 

Hidden Content

 

Définition

 

En résumé, on peut dire qu’un fichier GEDCOM est un fichier texte qui contient, de façon codée, votre arbre généalogique (Attention, nous allons voir qu’il y a des limites). On y retrouve les informations sur chaque personne, chaque famille et chaque événement de votre arbre.

 

Toutes ces informations sont décrites par des mots-clés (ex: GIVN pour prénoms, PLAC pour lieu…) et reliées entre elles grâce à des références (ex: @I….@ pour individu, @F…@ pour famille) qui permettent aux logiciels de généalogie de reconstruire votre arbre à partir du fichier.

 

Exemple de fichier Gedcom :

Fichier Gedcom pourquoi faire - Exemple

 

L’objectif de ce billet n’est pas d’aller plus avant dans une description technique du format GEDCOM.
Si toutefois vous êtes intéressé par les détails du format (spécifications, liste des mots-clefs, jeux de caractères), je vous invite à visiter la page de GeneaWiki consacrée au GEDCOM.

 

Des tentatives d’évolution

 

Le format GEDCOM existe depuis plus de 30 ans. Il s’est imposé comme le format standard d’échange généalogique. Vous imaginez bien que, depuis sa création la technique a évolué et les besoins des généalogistes ont changés, en termes de description de la vie de leurs ancêtres :

 

  • Dans de nombreux pays, la généalogie par la génétique est une réalité qui doit être prise en compte par les logiciels de généalogie.
  • En plus des photographies et des documents scannés, certains logiciels permettent l’utilisation de vidéos et de sons (ex: votre grand mère raconte son enfance).
  • La généalogie s’est propagée à travers le monde et les époques, rencontrant différentes religions (et donc différents événements à traiter), différents types d’archives (contenant différentes informations) et différentes relations familiales

 

Évidement, le format GEDCOM devrait évoluer. Pourtant la dernière version de la spécification que nous utilisons aujourd’hui date de 1999.

 

De nombreux projets plus ou moins en cours tentent de spécifier puis d’imposer de nouvelles évolutions.
Le plus connu est le GEDCOM XML, né en 2002, mais qui n’est toujours pas largement adopté.

 

Fichier Gedcom pourquoi faire - GedcomX

 

Depuis 2012, FamilySearch travaille sur un GEDCOM X (voir le site Gedcomx.org). Je suis sans nouvelles de l’adhésion des autres acteurs à ce projet.

 

Franchement, mon opinion est que les grands acteurs, éditeurs de logiciels ou de sites, n’ont en fait que peu d’intérêt à engager des forces (lisez « de l’argent ») sur ce sujet. Je suis assez pessimiste… mais j’espère me tromper.

 

Les limites du format GEDCOM

 

Bon, soyons honnêtes, la création du format GEDCOM à énormément participé à la propagation de la généalogie dans le monde. C’est grâce à ce format que nous pouvons depuis des années échanger des données entres généalogistes ou publier notre arbre généalogique sur des sites d’hébergement d’arbres généalogiques.
Donc, respect ! Ce format fonctionne et fonctionnera encore longtemps.

 

Toutefois, ce format a des limites, soit dans sa structure même soit dans son utilisation par les éditeurs de logiciels / sites.

 

Parlons en particulier de deux points qui sont importants pour comprendre comment utiliser un fichier GEDCOM : La gestion des médias et les différences de codage.

 

Gestion des médias

 

Il est très courant aujourd’hui d’ajouter des portraits, des photos de familles, des images d’actes, des images de signature dans votre arbre généalogique. Certains logiciels permettent également d’insérer des sons ou des vidéos.

 

Le problème est qu’un fichier GEDCOM ne va pas contenir toutes ces images, sons ou vidéos. Imaginez la taille du fichier si c’était le cas…

 

Dans un fichier GEDCOM, vos images sont décrites sous forme de liens vers vos fichier images sur le disque dur de votre ordinateur (ou service en ligne si vous utilisez un logiciel en ligne)

 

Fichier Gedcom pourquoi faire - Code Image

 

Conséquence pour les généalogistes :
Ne pensez pas que votre fichier GEDCOM seul est une sauvegarde de votre arbre généalogique.

 

Différences de codage

 

Le format GEDCOM n’est qu’une spécification. En théorie, cette forme de langage entre logiciels devrait être universelle. Mais, dans la pratique, les créateurs de logiciels prennent des libertés avec la façon de coder les informations.

 

Vous voulez un exemple ?

Mon arrière grand mère habitait à Lille (59) le 8 décembre 1930. Si je saisis cette information sur Geneatique ou sur Heredis… il serait normal, à mon sens, que le codage soit identique… Et bien non !

Geneatique utilise le mot-clé RESI (Résidence).

Fichier Gedcom pourquoi faire - RESI Geneatique

Heredis utilise le mot-clé EVEN (Événement) + le type « Domicile ».

Fichier Gedcom pourquoi faire - RESI Heredis

 

Cette toute petite différence entraîne des complications lors d’un échange de fichier GEDCOM entre un généalogiste utilisant Geneatique et un autre utilisant Heredis. (J’ai testé dans les deux sens…)

 

Geneatique et Heredis proposent pourtant des codages GEDCOM « propres », bien loin de ce que je peux voir sur certain logiciels. Certains modifient ou inventent même des mot-clés… Ce qui rend l’échange de données avec d’autres logiciels complètement improbable.

 

Mais comment expliquer ces différences ?

 

Je vois trois raisons possibles :

 

La méconnaissance : Ce n’est parce qu’on est programmeur que l’on connait la généalogie et l’utilisation pratique du format GEDCOM. C’est une vraie difficulté pour les petites structures (je connais des logiciels développés par une seule personne).

 

La facilité/rentabilité : En fonction de la structure de son programme et ses bases de données, certaines informations sont plus faciles à coder d’une certaine manière. Ce qui explique les petites entorses… Un programmeur dispose d’un budget d’heures allouées par son commanditaire. Donc il s’agit de faire au mieux dans le temps imparti.

 

La concurrence : Comme toute entreprise, les éditeurs de logiciels cherchent à capturer leurs clients. Il est bien plus rentable, en marketing, de vendre des mises à jours à ses clients existants/captifs plutôt que de chercher de nouveaux clients. Dans ce sens, je crois que permettre, par un simple fichier GEDCOM un changement rapide de logiciel ne peut pas être une priorité pour un éditeur de logiciel.

 

Conséquence pour les généalogistes :
Ne pensez pas que vous pouvez changer de logiciel par un transfert de fichier GEDCOM sans manipulations et probables pertes de données.

 

 

Quelle utilisation pour le fichier GEDCOM ?

 

Ouf… Ceci étant posé, passons enfin à la partie pratique de ce billet. Malgré les limites du format, un fichier GEDCOM est utile dans plusieurs cas :

 

Sauvegarder votre généalogie :

 

Si vous n’avez pas ajouté d’images dans votre logiciels, vous pouvez considérer que votre fichier GEDCOM est une sauvegarde de votre arbre généalogique.

Si vous avez ajouté des images, il vous faut sauvegarder les images par un autre moyen. Pour information, les logiciels sérieux proposent des fonctions de sauvegarde « globale » qui font très bien le travail.

 

Transférer votre arbre généalogique vers un autre logiciel ou site :

 

Si vous voulez publier votre arbre généalogique sur un site d’hébergement, le fichier GEDCOM est la solution. En fonction du site que vous choisissez, l’import des images sera possible ou non.

Si vous voulez changer de logiciel, le fichier GEDCOM est la solution la plus simple mais vous devrez certainement faire des ajustements en raison des différences de codage. Garder toujours vos deux logiciels pendant le temps qu’il vous faudra pour vérifier et ajuster.

 

Pour transmettre votre arbre généalogique (ou une branche) à un autre généalogiste :

 

Si l’un de vos proches commence des recherches généalogiques, si un généalogiste est l’un de vos cousins éloignés, vous pouvez utiliser le fichier GEDCOM pour lui transmettre la totalité ou une partie (branche ascendante ou descendante) de votre arbre généalogique.
Bien entendu, vous avez noté les problèmes potentiels si vous n’avez pas les mêmes logiciels.

 

 

Le fichier GEDCOM est, et restera encore longtemps, le meilleur moyen d’échanger des données généalogiques. Son histoire et son utilisation sont pleines de détails que je n’ai pas abordé ici. N’hésitez pas à poser des questions si certains points ne sont pas assez clairs.

 

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