Témoignages

Témoignage : Recherches, méthodes et transmission

Recherches Méthodes et transmission
Max-Francis Dubsky
Écrit par Max-Francis Dubsky

La pratique de la généalogie nous apporte beaucoup. La connaissance de soi, à travers l'histoire de nos ancêtres... mais aussi une multitude de nouvelles compétences que nous allons acquérir au fil des années de recherche. Pour certain(e)s d'entre-nous, après des années d'apprentissage, le désir d'aider et de transmettre conduit à un engament personnel au sein d'une association.
C'est ce cheminement que Max-Francis Dubsky, animateur d'un atelier de généalogie pour une association de l'Isère,  nous propose de découvrir dans ce nouveau témoignage.

Je vais vous décrire ma petite expérience généalogique, mes choix d'organisations et enfin les découvertes qui ont émaillées mes recherches. J'en profiterai pour vous décrire l'opportunité que j'ai eu de transmettre à une centaine de personnes sur une dizaine d'années les méthodes et outils pour se lancer dans la réalisation de notre généalogie.

Préambule

La généalogie a été une des solutions pour occuper mes journées de retraité à partir de 2008. Je ne savais pas ce que cette addiction m'amènerai à faire en prenant une telle part dans ma vie.

Une carrière principalement sur les solutions informatisées de gestion pour les entreprises comme maître d'ouvrage ou consultant, la généalogie à la main et papier n'était pas une solution envisagée. La prospection de marché des logiciels et sites de l'époque a été faite en conservant une approche similaire s'appuyant sur la simplicité d'installation et d'utilisation, la couverture mondiale (ayant des ancêtres austro-hongrois et italiens), la possibilité de tester en version gratuite sur une population large de mes ancêtres, et la pérennité et évolution de la solution.

La solution retenue

Family Tree Builder a été mon choix de l'époque sur ces critères sachant que les logiciels sur le marché français n'offraient que la possibilité de tester sur 50 personnes et n'avaient qu'un peu plus d'un million d'utilisateurs français, alors que MyHeritage le permettait sur 250 personnes, mais aussi avait plusieurs dizaines de millions d'utilisateurs mondiaux.

Acquérir les bases théoriques

Ensuite, il a fallu acquérir une teinture de compétences généalogiques à partir de quelques livres, dont le dictionnaire de généalogie mais aussi la liste des sites de généalogie. Ce dernier m'a permis de découvrir Geneawiki qui est une bonne piste de réponse pour des débuts.

Recherches, Méthodes et transmission _ GeneaWiki

Mes débuts

Le commencement des recherches s'est appuyé sur des arbres généalogiques papiers fournies par mon père et ma marraine (petite cousine). Ces arbres donnaient les noms sur 3 ou 4 générations. Une société de pompes funèbres m'a fourni la liste des personnes dans une concession du cimetière Montparnasse. Cette liste comprenait mon père, ma grand-mère paternelle et ma grand-tante et une liste d'autres personnes. Cette concession a été transmise par les femmes. Je connaissais le nom de jeune fille de ma grand-mère paternelle mais pas celui de mon arrière-grand-mère ni ceux de mes aïeules. Ces personnes saisies dans le logiciel, MyHeritage, par les smart-matches, m'a proposé un autre arbre généalogique. Cet arbre comprenait ma grand-mère et ma grand-tante ainsi que leurs ancêtres.

Il se trouve que cette branche étaient des notables sur la ville de Metz et la région et a fait l'objet d'une thèse universitaire remontant jusqu'en 1020 avec des cousins éloignés célèbres.

Transmettre 

Il y a 9 ans, le contact d'une association formant sur l'utilisation du micro-ordinateur (Les petites souris, à Bougé-Chambalud dans l'Isère) 

m'a fait reprendre l'atelier généalogie qui venait tout juste de démarrer. 

Recherches, Méthodes et transmission _ Les petites souris

Ces ateliers s'organise sur la base d'une quarantaine de réunions hebdomadaires sur une saison d'une durée d'une heure et demie contre une cotisation annuelle pour adhérer à l'association. Nous abordons chacun des thèmes sur la base d'un support qui reprend les différents sujets et nous les pratiquons. 

Les thèmes abordés dans cet atelier "Généalogie et Informatique" sont les suivants :

  • Internet et généalogie : GeneaWiki, encyclopédie gratuite dédiée à la généalogie, mais aussi Wikipedia puis les moteurs de recherches permettant d'accéder à des arbres généalogiques et des informations complémentaires pour donner de la texture à nos recherches.
  • État civil : Pour rechercher des actes en passant par les tables décennales. Nous récupérons les actes sur l'ordinateur en format PDF ou image.
  • MyHeritage : Après l'installation du logiciel Family Tree Builder sur leur ordinateur, nous abordons la création d'individus, de famille, l'intégration de photos et documents, le rapprochement d'arbres généalogiques, l'aide en ligne, les tâches à effectuer, les outils de vérifications, les cartes, les graphiques et rapports, les sauvegardes et restauration, les fichiers GEDCOM et enfin l'ADN. Nous abordons aussi les outils de recherches dans les différentes bases de données mises en ligne.
  • Fichiers PDF : Création d'impressions virtuelles, les lire et les modifier en surlignant, encadrant et portant des commentaires
  • Picasa ou Autres logiciels photos : Nous abordons leur installation, les paramètres et l'utilisation des différentes fonctions pour recadrer, gérer les contrastes et la qualité des actes et photos.
  • Fichiers et sauvegardes : L'explorateur et ces différents affichages, la gestion des dossiers et quelques trucs pour nommer les fichiers. Ensuite, nous abordons les sauvegardes et l'intérêt d'un logiciel gratuit pour pouvoir les faire régulièrement.
  • La paléographie : Exemples d'écritures et erreurs possibles d'interprétations (notamment sur l'abréviation des dates) et j'indique quelques sites qui permettent d'acquérir quelques bases.
  • Geneanet : Différence entre version gratuite et payante. Transfert de données de Family Tre Builder vers Geneanet pour bénéficier des recherches d'autres généalogistes français.

Cette saison, le nouvel atelier Généalogie et informatique II a été interrompu par le confinement. Les thèmes abordés sont :

  • Geneanet : Les outils de correspondances avec les arbres sur ce site, le tour de toutes les fonctions et modules du site et l'accès aux différents bases comme la bibliothèque, fonds documentaires…
  • Filae : L'intégration de données venant d'autres logiciels ou sites, l'accès à l'indexation de l'état civil et les critères multiples, les indices.
  • Le livre de famille : Pour la transmission de nos recherches sous un format accessible. Les points abordés sont les motivations, les questions à se poser pour décrire la vie de nos ancêtres, comment trouver de l'information, la méthode pour écrire, l'illustration, les éditions des logiciels, les logiciels pour l'écrire, comment imprimer et diffuser. Une solution alternative est abordée les blogs et réseaux sociaux
  • Genopresse : logiciel qui permet à partir d'un fichier GEDCOM de créer un fichier traitement de texte avec la possibilité d'intégrer du texte et des photos.
  • Divers : les tutoriels, les comparatifs de logiciels, les autres archives notariales, judiciaires, le cadastre et l'enregistrement, les recherches à l'étranger, FamilySearch, le fichier GEDCOM et ses limites, groupes généalogiques sur Facebook, l'ADN et la généalogie et enfin comment sauvegarder ses données généalogiques.
  • Et en dernier l'humour généalogique et les insultes de l'ancien français.

Les trouvailles

Pour conclure, voici quelques trouvailles qui ont émaillées mes recherches en plus de celle de l'introduction.

Grâce à un smart matches de MyHeritage, l'ascendance d'une grand-mère de mon épouse en une demie journée dans le Loir-et-Cher a pu être remonté jusqu'en 1750 alors que depuis plusieurs mois nous étions bloqués sur ses arrières grands-parents. 

Mon quadri-aïeul ayant eu la légion d'honneur, la base Léonore nous a fourni des documents scannés qui permettant de reconstituer la carrière de mon ancêtre.

Recherches, Méthodes et transmission _ Leonore

Geneanet a fourni l'ascendance de mon grand-père maternel sur une vingtaine de génération dans les régions de Nice, Menton et Monaco dont des notables proches des Princes de Monaco. Le palais princier et le musée de Monaco m'ont fourni une liste de revues et de livres qui évoquent ces personnes.

Dans Gallica, un article du Figaro de 1896 évoquait mon arrière-grand-père paternel qui avait assuré à Vienne en Autriche, la promotion auprès des industriels austro-hongrois de la foire internationale de Paris de 1900 après avoir le principal organisateur de celle de 1889 pour ces industriels.

Recherches, Méthodes et transmission _ Gallica

Dans la bibliothèque généalogique de Geneanet, un article du Petit Marseillais de 1889, rapporte le compte rendu d'une cour d'assise suite à l'agression qui a entraîné le décès de mon arrière-grand-père maternel. C'était la confirmation de la transmission familiale sur cet évènement. Grâce à cette article, la recherche du lieu et de la date de décès a été facilitée sur les registres de Nice.

Les moteurs de recherche m'ont apportés :

  • Des informations sur le film de Jean Anouilh, avec Claude Dauphin, Michel Simon Jacques Castelot ou mon père a joué à 17 ans un second rôle.
  • La filmographie du cousin germain de mon père qui a été assistant réalisateur puis réalisateur à Hollywood

Et enfin, au début de mes recherches généalogiques, suite à l'information d'un de mes collègues sur la présence de mon nom de famille sur la liste des déportés, le musée de la résistance à Lyon, m'a conseillé le site de la SHOAH. Des documents scannés sur mon grand-père paternel y était consultables, ainsi que pour son cousin germain avec son adresse en Normandie. Cette Maison Blanche ou Château du Val a été racheté par Yves Montand et Simone Signoret. Un écrivain, qui était en train d'écrire un livre sur le fort de Montluc à Lyon ou ma  grand-mère a été enfermée et libérée la veille du jour où elle aurait dû être déportée m'a communiqué le numéro de la cellule ou elle a été enfermée. 

Ma méthodologie

L'approche de mes recherches généalogiques est la suivante :

  1. Le travail collaboratif en bénéficiant des recherches faites par d'autres généalogistes sur MyHeritage et Geneanet ainsi que mes recherches sur les informations manquantes.
  2. La vérification des données soit à partir de Filae et l'indexation des actes français récents ou les archives départementales.
  3. La saisie des actes et références dans Family tree Builder, puis régulièrement la mise à jour des sites via les fichiers GEDCOM.
  4. La recherche de toutes informations accessibles sur le net ou sur des parutions pour pouvoir donner de la texture aux recherches.
  5. L'édition via Genopresse des livres de famille pour pouvoir les diffuser auprès de mes proches.

Mes projets

Mes projets généalogiques sont multiples : 

  • Continuer la collecte des actes et des informations sur les notables de ma généalogie, 
  • Créer mon cours "Généalogie et informatique II"
  • Faire des recherches sur des types d'archives non encore abordées comme les notariales et judiciaires.
  • Rechercher des informations sur un de mes aïeux, chirurgien aide-major, mort à 34 ans juste avant la campagne de Russie en 1812 et sur un autre prisonnier après la guerre de 1870.
  • Découvrir ce que FamilySearch peut apporter pour mes ascendants étrangers (Tchéquie, Italie, Espagne…)
  • Continuer d'aider des débutants que je croise sur Facebook.
  • Diffuser à ceux qui ont suivi mes ateliers les articles sélectionnés à partir de ma veille sur le thème de la généalogie.

Conclusion 

Je n'aurai pas pu concevoir de faire ma généalogie sur papier à la fois par mon cursus professionnel mais aussi grâce à tous les outils et bases de données qui sont une aide incroyable. C'est aussi pour cela que lorsque je vois dans Facebook des personnes qui se lancent à faire une généalogie sur papier, j'essaie de leur transmettre l'intérêt d'une solution informatisée site ou logiciel.

Ces solutions informatiques sont : 

  • une porte ouverte pour la communication avec d'autres passionnés, 
  • un moyen d'organiser ses informations, 
  • une possibilité multiple d'éditions
  • la communication avec d'autres environnements informatiques
  • une économie d'espace, de matériels, de papiers…

Ma généalogie d'un peu plus de 8.100 personnes tient sur un ordinateur de moins de 2 kilos.

Il est certain que mon cursus généalogique se limite pour le moment à l'utilisation de données généalogiques ou complémentaires accessibles via le net et que je n'ai jamais encore eu l'occasion de visiter des archives départementales. C'est à la fois que je suis éloigné géographiquement des lieux de vie de mes ancêtres mais aussi que j'ai encore de quoi faire des recherches pour quelques années en tenant compte de l'accroissement des informations accessibles sur le net au fur et à mesure.

Mon plus grand regret généalogique : je ne peux plus communiquer mes découvertes à mes parents et grands-parents.

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À propos de l'auteur / autrice

Max-Francis Dubsky

Max-Francis Dubsky

Max-Francis est généalogiste amateur depuis plus de 10 ans. Il anime depuis 9 ans des ateliers Iinformatique et Généalogie dans le cadre de l'association Les Petites Souris.
Les recherches généalogiques de ses petits enfants l'ont mené au quatre coins de la France mais aussi à Monaco, ainsi qu'en Italie, dans l'Empire Austro-hongrois et la Belgique.

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3 commentaires

  • Je viens de lire avec grand intérêt votre article moi même ayant repris des recherches généalogiques en Septembre 2020 ( retraite oblige ) ces recherches ayant commencé en 1992 avant l’arrivée d’internet . Comme vous je me suis décidé à saisir mes recherches notamment sur GENEANET au regard de côté fastidieux de l’arbre “papier” . A ce jour , d’après ma mémoire, ma Grand-mère maternelle aurait travaillé auprès de la famille de la principauté dans les années 1930 , peut on retrouvé trace de son passage dans une liste de personnel par exemple ?